MASCLAT EN QUERCY
L'Eglise
(1)
En ce qui concerne ce bel édifice, nous en donnerons la
description tel qu'il se presentait avant les travaux de restauration
qui y furent entrepris en 1969 et tel qu'il nous apparut après
cette restauration.
(2)
Orientée E – O, l'église de Masclat, nous
l'avons vu, est proche du château. On y pénètre
par un porche abritant le portail, ce dernier se trouvant à la
partie extrême sud de l'édifice. Le porche est à
dater de la fin du XIIè siècle, il ne possède
plus qu'un chapiteau et la moitié d'un autre sur les quatre
qu'il comportait à l'origine, très petits, ils était
sculptés, et de facture romane.
(3)
Le plan de l'église est assez curieux :
En forme de croix latine, à l'origine, l'adjonction d'une
chapelle latérale, de chaque côté de la nef,
soudée aux bras du transept, a modifié son plan
primitif, lequel se présente maintenant sous la forme d'un
rectangle dont seule l'abside déborde à l'extérieur.
On peut dater cette adjonction du Xvè siècle.
(4)
La partie de la nef, par où l'on pénètre dans
l'église, est légèrement rétrécie
et elle est munie d'un escalier dit « en échelle de
meunier » qui débouche dans les combles qu'il faut
traverser sur toute leur longueur pour accéder au clocher, de
type barlong, assis sur la partie centrale du transept. Ce clocher
est percé de huit ouvertures campanaires en plein-cintre, il
renferme deux cloches, une grosse qui porte la date 1880, sur
laquelle nous avons relevé les noms, d'abord du curé de
la paroisse, Mr Laurent Manié et ensuite des parrains et
marraines, rappelons-les pour nos contemporains :
(5)
J-Baptiste Sanadre – Calixte Pebeyre – Melle Adélaide
Marie Antoinette Laurence Planche (sic) – N... Vve Ségalard
et feu Ségalard etc. D'autres encore dont nous n'avons pas pu
déchiffrer les noms.
(6)
La petite cloche est datée de 1677 et elle fut l'objet
d'une donation de noble Marcus de Vervays, chevalier, seigneur de
Masclat (sic) et la Gleyolle, parrain avec messire Agaltie, scindic
(syndic). La marraine fut noble dame Marguerit de Pelvési.
Cette cloche est dédié au patron de la paroisse : Marie
Joseph Sainte (sic)Hilarii. Elle porte des gravures en relief qui
sont : la crucifixion, le Christ sur la croix avec deux personnages
au pied du calvaire, l'effigie de St-Hilaire, et les armoiries des
donateurs que nous lisons : « parti » : au 1,
(d'or) à cinq bandes de (gueules) » qui sont de
Vervays, et au 2 : « de ? À la face de ? Chargée
de trois fleurs de lys de ? ». Timbre : un heaume non
couronné. (On voit les Vervaix porter « d'or à
cinq bandes d'azur » selon certains auteurs.
(7)
En ce qui concerne l'attribution du parti 2 de ces armoiries, et
faute des émaux et métauix il nous parâit
difficile d'y reconnaître à quelle famille elles
appartient. Celles des de Beaumont, de Payrac, sont de même
lecture mais nous ne connaissons pas de Marguerite de Pelvési
chez les de Beaumont, il nous faut donc attendre que quelque source
de lumière vienne nous éclairer sur ce problème.
(8)
Revenons à terre et reprenons l'examen de l'église.
(9)
Les voûtes des chapelles précités sont à
croisées d'ogives, ainsi que la partie centrale du transept
dont ces croisées sont avec liernes. Quant à celles de
la nef elles ont été noyées dans un remplissage.
(10)
L'abside est en cul-de-four à cinq pans et les quatre angles
extérieurs sont butés par des contreforts entre
lesquels s'ouvrent des fenêtres romanes à double
ébrasures dont celle du centre inscrit dans son plein cintre
un petit arc trilobé.
(11)
Toutes les clés-de-voûte qui portaient des écussons
avec blazon ont été martelées, il en est de même
des culs-de-lampe blasonées. Tous ces attributs sont de style
gothique. Une des clés, à la chapelle de l'Evangile est
peinte en vert avec l'écu rouge.
(12)
Posée sur la rambarde de la tribune, une armoirie à
l'écu de type moderne peut se lire : « d'azur
chargé de trois fers de lance, placés en pal, deux et
un, mi-parti d'or et de gueules » ; il est encadré
de deux branches de laurier nouées au bas par un ruban et
surmonté d'une couronne fantaisiste ne répondant à
aucun titre nobiliaire.
(13)
Le coeur, très beau est à croisées d'ogives
formant une étoile à sept branches dont la clé
de voûte est au monogramme du Christ. Entre chaque nervure la
voûte est peint en bleue-roi avec des feuillages, des rinceaux,
et on y voit des motifs religieux : coeurs à la flamme et
ostensoirs rayonnants avec, également, le monogramme du
Christ. L'arc triomphal est, lui aussi peint très finement.
(14)
Au couchant, le pignon de la nef est éclairé par un
bel oculus formé d'une rosace à huit branches dont les
vitaux sont de couleur bleue et or fané.
(15)
Les fenêtres du cantuaire sont munies de leurs vitraux.
A l'extérieur et au nord on remarque quelques ouvertures
basses, certaines sont à arc brisé des XIVè et
XVè s., elles ont été aveuglées.
(16)
Nous avons dit que l'église de Masclat était en
cours de restauration, et ce travail fut entrepris peu de temps après
que nous avions terminé d'en faire la description. Voici
maintenant les quelques découvertes que la restauration nous a
permis de faire (la restauration de l'église de Masclat a été
décidée et financée par le Conseil municipal de
cette commune qui a consacré à cette fin l'argent
provenant de la vente de l'ancien presbytère).
(17)
Tout d'abord, notons que toutes les peintures ci-dessus décrites
ont disparu et que la pierres a été mise à nu,
sauf une partie de la nef où la remplage était fait de
briques.
(18)
Dans le choeur et à main gauche ( en tournant le dos à
la nef) une très belle fenêtre romane à ouverture
ébrasée, en partie murée vers le bas, a été
mise au jour. La partie haute de cette fenêtre s'ouvre sur le
comble de la sacristie, laquelle est accolée à ce côté
de choeur et au bras du transept.
(19)
Dans le choeur également et dans le bas du mur, à
main droite, est paru un petit placard à burettes de type
gothique à arc trilobé pleine-cintre, mouluré
finement, il mesure environ 80 centimètres de hauteur et il
avait été muré.
(20)
Dans la chapelle latérale gauche, une haute ouverture à
arc brisé que l'on peut dater du Xvè s. A revu le jour,
elle est murée.
(21)
Tout le pourtour intérieur de l'église a révélé
la présence d'une litre noire peinte à même la
pierre qui fut ponctuée de place en place d'armoiries, nous y
avons reconnu celles des de Fontanges, au nombre de deux dans la
chapelle de l'Evangile (bras gauche du transept) ce qui nous permets
de croire que c'est dans cette chapelle que les membres de la
famille de ce nom avaient leur sépulture.
(22)
D'autres armoiries devaient être peintes sur la litre, on
discerne des traces, en particulier, des blasons en forme de losange.
(23)
Nous remarquons encore que le pourtour de l'édifice est
muni d'une banquette en pierre.
(24)
Avant de quitter l'église de Masclat, retournons-nous et
nous découvrons, au-dessus de la porte, abritées par la
porche, des armoiries peintes, que nous lisons : Parti « au
1, » D'or au chevron (d'azur) accompagné d'un mont
de six coupeaux de (sinopie) » qui sont du Pouget. Au 2
« d'or à cinq bandes de gueules » qui
sont de Vervaix. Nous voyons là le symbole de l'union de
Jeanne du Pouget et de François de Vervaix (1557).
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